Atelier sur l’entrepreuneuriat sociale

I. INTRODUCTION

L’atelier organisé à l’intention des femmes du Nil en RDC sur « Les Voies entrepreneuriales sociales résilientes au climat pour vaincre la pauvreté et maintenir la fonctionnalité du réseau », a eu lieu à partir du 25 au 26 Mars, 2024 dans la salle KERITH au quartier MUKUNA en ville de BUTEMBO.

Ci-dessous nous présentons un compte rendu bref du déroulement des activités réalisées au cours de cet atelier.

II.1 Compte rendu du premier jour de l’atelier la formation soit le Lundi 25/03/2024

Le programme de l’atelier de formation sur le renforcement de capacités des femmes du Nil sur la voie entrepreneuriale sociales résilientes au climat pour vaincre la pauvreté et maintenir la fonctionnalité du réseau a commencé le 25 Mars à 8heure précise heure de Butembo.

Après arrivée des participants, un mot de bienvenu a été dit par le coordonnateur du DRCNDF. Tout a commencé à 9H00, avec l’ouverture de la formation par la représentante du gouvernement, Mme ODILE MABANZA. Celle-ci, après avoir montré l’importance de l’implication de la femme pour les actions de la résilience au changement climatique dans le bassin du Nil, elle a lancé officiellement la formation et a fini par la lecture du mémorandum rédigé par les femmes de Butembo à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme.

Après la présentation des participants, Une brève présentation du NBD et du DRCNDF a été donnée par le coordonnateur ; tout en invitant toutes les femmes participantes à s’impliquer activement pour la bonne fonctionnalité du réseau des femmes du bassin du Nil en RDC.

Ainsi ; le NTSE a donné les objectifs de l’atelier dont l’objectif principale a été de renforcer les capacités des membres du réseau des femmes du Nil sur les voies entrepreneuriales sociales résilientes au climat pour vaincre la pauvreté et maintenir la fonctionnalité du réseau national des femmes du Nil en RDC.

De façon spécifique, la formation a eu comme objectifs

  • Sensibiliser les membres des 10 réseaux nationaux de femmes du Nil sur l’entrepreneuriat social.
  • Fournir une formation de renforcement des capacités/développement des compétences en entrepreneuriat social.
  • Identifier et convenir des activités applicables au contexte de chaque pays.
  • Élaborer un plan d’action détaillé à long terme pour les activités identifiées.

La présentation du thème  a été faite par la formatrice Mme DEVOTE LUVUNO et pour commencer, elle  a reformulé les objectifs à poursuivre durant ces deux jours de formation pour les adapter au thème de la formation suivant le contexte de la RDC notamment :

  • Doter les femmes du bassin du Nil des capacités sur l’entrepreneuriat ;
  • Faire une corrélation entre les engins de l’entrepreneuriat social et le changement climatique
  • Doter les femmes du bassin du Nil des capacités à réaliser des business-plans pouvant avoir un impact sur leurs vies économiques personnelles ainsi que celle de leurs communautés
  • Promouvoir les activités entrepreneuriales dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique par des stratégies communautaires
  • Faire la promotion des actions de protection de l’environnement par la plantation des arbres fruitiers.

II.1.1   L’ENTREPRENEURIAT SOCIAL ET SOLIDAIRE.

Le thème du premier jour ayant concerné l’entrepreneuriat social et solidaire, ce dernier a été exposé par la formatrice afin de faire comprendre aux participantes nos seulement l’étymologie du concepte mais aussi de les aider avoir les détails et la bonne compréhension de l’entrepreneuriat social et solidaire.

L’objectif global poursuivi pour ce thème a été de développer une idée ou une vision claire sur les mesures à prendre pour que l’entrepreneuriat social et solidaire (ESS) soit un moyen de développement économique et de gestion durable de l’environnement des pays africains et surtout pour le bassin du Nil. Ce thème a permis aux participants de comprendre ce qu’est l’ESS pourvu que ces participants renforcent leurs initiatives entrepreneuriales.

 

1. Définition

Par définition, l’entrepreneuriat social et solidaire se comprend dans le sens de créer une activité génératrice des recettes, pouvant répondre à un problème rencontré au sein des communautés. L’entreprise sociale et solidaire regroupe donc un ensemble d’activités économiques contribuant au développement de la société. Elle fournit des biens et services profitables pour tous. Sa gestion doit être transparente et responsable ; et elle doit associée les employés, les clients, les experts, les membres effectifs (caractère solidaire d’une ESS).

2. Principes directeurs

L’ESS se caractérise par deux principes directeurs : la lucrativité limitée et la finalité sociale. Le premier principe suppose que l’entreprise se maintienne aussi longtemps possible, en gagnant un certain bénéfice car les clients étant satisfaits des services rendus. Le bénéfice obtenu est toujours réinvesti dans l’entreprise. Le second principe précise que les besoins de caractère social doivent trouver intérêt au sein d’une ESS.

3. Buts de l’entrepreneuriat social

Le but poursuivi par l’ESS est de lutter contre la pauvreté, tout en répondant aux différents besoins de la communauté et pour être résiliente au climat elle doit avoir une finalité tant sociale qu’environnementale. Elle se caractérise par un management démocratique, permettant l’épanouissement de tous les membres ; et met en exergue la dignité humaine. Il a un caractère inclusif ; car sa création implique une installation des nouvelles classes sociales, basées sur l’équité.

L’entrepreneuriat social et solidaire est donc une solution aux problèmes de la société car prônant le socialisme.

4. La place de l’ESS est soulignée dans plusieurs actualités notamment :

  • Les lois sécurisant l’ESS
  • L’identification de l’entrepreneuriat comme une voie de sortie des crises sociales, économiques et environnementales
  • L’accélération de la création et du développement des entreprises sociales et solidaires

Ainsi, certains réseaux se sont déjà investis en ce sens : le réseau COCAGNE ayant pour objectif d’insérer les personnes éloignées de l’emploi par le maraichage biologique ; donner accès à une alimentation saine ; associer et créer des jardins en vue de nourrir 20 000 ménages. Le réseau SIMPLON vise à favoriser l’accès à l’emploi, à l’éducation et à encadrer la diversité des couches sociales par des formations intenses et gratuites en développement, tout en créant des modèles associatifs et commerciaux.

5. Quelques voies pour l’autonomisation de la femme

  • Son accès à l’utilisation des revenus
  • La capacité à s’occuper des familles
  • La dépense énergétique des femmes
  • Plus de pouvoir décisionnel
  • Un meilleur accès aux ressources et meilleur contrôle sur ces ressources
  • Plus de contrôle sur le temps et sur la répartition des travaux.

Ces voies ont été données aux femmes participantes pour qu’elles les comprennent et les abordent à fin qu’elles intègrent le sens entrepreneurial au meme titre d’égalité que les hommes.

A la fin de la présentation de ce thème, il a été constitué trois groupes au sein desquels des discussions se sont réalisées pour une meilleure compréhension du thème. Les questions ont été au nombre de trois : la première a concerné les difficultés que peut connaitre l’entrepreneuriat social et solidaire en RDC et /ou en milieu local ainsi que les remèdes à envisager, la deuxième s’est attelée sur les avantages de l’ESS pour la communauté et pour l’individu/l’entrepreneur lui-même, la troisième s’est focalisée sur les défis liés à l’autonomisation de la femme et quelques conseils pratiques pour que cette femme soit autonome.

Ainsi, après discussion dans les différents groupes ; une mise en commun a été réalisée : il a été constaté dans la plupart des cas que :

  • Les difficultés auxquelles se heurtent les entrepreneurs sociaux en RDC sont surtout l’insécurité en toutes ses formes, les surtaxations, le délabrement des routes de déserte agricole et les conflits fonciers (surtout pour les entrepreneurs du domaine agro-pastorale) ; sans pour autant oublier l’insuffisance ou manque des moyens financiers ; surtout pour la femme entrepreneure. Les remèdes à envisager sont l’implication des autorités compétentes dans la pacification du pays, la régularisation des taxes à payer et la collaboration entre les entrepreneurs et les taxateurs, l’aménagement des RDA et la connaissance et l’application des lois foncières et coutumières, l’étude complète du milieu et la planification des actions à réaliser dans l’exercice du projet.
  • L’Entrepreneuriat social et Solidaire joue un grand rôle dans la lutte contre le chômage et la délinquance juvénile par création de l’emploi. Son épanouissement fournit le lucre et la jouissance au prioritaire et lui procure une estime de soi.
  • Les défis majeurs pour l’autonomisation de la femme sont surtout l’ignorance de ses droits et devoirs, ainsi que sa sous-estimation dans la prise de décision. Pour relever ce fléau, il faut que la femme prenne conscience pourvu qu’elle sache qu’elle est actrice de développement au même titre que les hommes et qu’elle doit ainsi intervenir pour contribuer au développement socio-économique de sa famille, de toute la communauté.

II.2.  Compte rendu des activités de l’telier pendant le deuxime jour soit le Mardi  26/03/2024

Au deuxième jour de l’atélier de renforcement des capacités sur les voies entrepreuneuriales sociales résilientes au climat pour vaincre la pauvrété et  mainténir la fonctionalité du réseau , l’ accueil des participants a été suivi par  le  rappeler les points saillants du thème précédent.

Ainsi, le thème réténu pour le deuxième jor a été  : « LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENTRPRENEURIAT SOCIAL ET SOLIDAIRE ».

II.2.1  Le changement climatique et l’entrepreneuriat social et solidaire .

Ce thème a été choisi dans le but de montrer la correlation pouvant exister entre le changement climatique et l’entrepreneuriat social et solidaire.

Le changement climatique étant un réel problème actuellement ressenti au niveau mondial, sa résolution nécessite l’implication de tout le monde. Ainsi, l’ESS est donc une solution parmi les autres  à envisager, car ayant un but à la fois social et lucratif.

C’est dans cette optique que l’idée de plantation d’arbres fruitiers a été soutenue par les participants ; étant donné que ces arbres auront un rôle tri-volet à jouer au sein des communautés notamment : la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement et un intérêt économique.

Après avoir montré les différentes conséquences du changement climatique (des submersions/érosions, des toxicités, des désertifications, etc.), l’oratrice a souligné quelques solutions telles que : favoriser l’activité photosynthétique, limiter l’exploitation du charbon, l’industrialisation et l’utilisation de l’énergie fossile, éviter les voitures à combustion par utilisation des sources d’énergie non polluante.

  1. Stratégie de planification

Une stratégie de planification des actions à mener a été donnée aux participants, car ils se sont tous engagés de se lancer dans le projet d’exploitation d’arbres fruitiers. Cette planification a été centrée sur :

  • Le choix de l’activité entrepreneuriale à réaliser,
  • La fixation des objectifs pouvant aider à maximiser les revenus tout en soignant les couches sociales et environnementales,
  • La précision sur les personnes impliquées dans le projet,
  • La période de matérialisation des activités,
  • La définition des critères de réussite des activités (indicateurs de performance).

2. Identification des arbres fruitiers à planter dans le bassin du Nil congolais suivant les régions.

A la fin de la présentation du thème du jour, une question a été discutée dans les carrefours, celle d’identifier les arbres fruitiers répondant aux besoins ressentis dans notre milieu et d’en faire des plans de plantation dès la pépinière à la commercialisation.

Trois types d’arbres fruitiers ont été identifiés par les trois différents groupes : l’avocatier, le manguier et le goyavier. Ce choix a été fait en se basant tout d’abord au milieu d’exécution des activités, ensuite à l’impact qu’il va jouer pour la communauté et pour l’environnement, et en fin au revenu qu’il peut fournir pour contribuer socio-économiquement au développement des communautés. Chaque groupe a ainsi présenté une planification détaillée des actions à réaliser dans l’exercice de son projet.

A la fin de la journée, les séances de formation ont été closes par la représentante de l’autorité gouvernementale urbaine, après un mot de remerciement du coordonnateur du DRCNDF, adressé à la formatrice ainsi qu’à tout le monde ayant participé à cet atelier de capacitation. 

CONCLUSION

L’entrepreneuriat social résiliente au climat pour vaincre la pauvreté et maintenir la fonctionnalité du réseau des femmes du bassin du Nil en RDC est possible et elle est parmi les remèdes pour l’implication de la femme tant dans la protection environnementale que dans sa contribution pour le relèvement économique et nutritionnel. Ces trois avantages précités ont été les motivations des femmes du Nil en RDC pour choisir l’entrepreneuriat social à travers la plantation des arbres fruitiers dans le cadre du reboisement.

Cependant, s’étant approprié cette lutte, les femmes du Nil en RDC sont prêtes à se lancer sur terrain afin d’y mener des actions concrètes afin d’impacter positivement la communauté à travers l’entrepreneuriat sociale résiliente au climat en s’impliquant dans le reboisement par les arbres fruitiers ciblé notamment le goyavier, l’avocatier et le manguier. Cet atelier de renforcement de capacité s’est bien passé sous la satisfaction des participantes et elles sont désormais engagés à amorcer les activités entrepreneuriales dans le bassin du Nil congolais.