

FORMATION DES FEMMES POUR LA DURABILITE ENVIRONNEMENTALE
En ces jours où le changement climatique a déjà produit de nombreuses conséquences néfastes à travers le monde et particulièrement dans notre bassin du Nil où l’on assiste à des sécheresses prolongées accompagnées de fortes pluies et d’ouragans, d’inondations accompagnées de grandes érosions, d’infertilité des sols et d’autres types de catastrophes, il est plus temps d’agir efficacement et concrètement. En Afrique, la population est majoritairement composée de jeunes dont la majorité sont des femmes et des filles. Ce sont ces femmes et ces jeunes qui sont les victimes de toutes ces conséquences.
Dans les zones rurales où les gens ne vivent que de l’agriculture et de l’élevage, les dommages associés au changement climatique sont un problème majeur qui aggrave la pauvreté. Actuellement, les responsabilités des femmes se sont accrues mais sans mesures d’accompagnement. Les femmes nourrissent des familles entières, paient les soins et les frais de scolarité des enfants. Ils sont trop occupés à chercher de l’eau et du bois de chauffage pour la survie de la famille.
Alors que les femmes sont une pierre angulaire de la stabilisation humaine, elles (les femmes) devraient être initiées à la recherche de solutions durables aux impacts du changement climatique et aux problèmes environnementaux afin de promouvoir un véritable développement.
A ces incertitudes dont sont victimes nos femmes s’ajoutent l’ignorance et le manque d’information et de formation pour s’adapter aux conséquences du changement climatique.
Ainsi, la formation des femmes organisée par le DRC NDF en collaboration avec le Secrétariat du NBD est une opportunité et une réponse que le DRCNDF a capitalisée pour outiller les femmes membres du DRCNDF sur l’eau pour la durabilité environnementale, la sécurité climatique, l’atténuation des risques d’inondation & sécheresse. Celles-ci, à leur tour, transmettront ces connaissances à d’autres couches de la population.
La formation des femmes du FCBN sur l’eau pour la durabilité environnementale et la résilience climatique a commencé ā Butembo le lundi 25 Octobre 2021 au Centre Spirituel KERITH CARMEL de MUKUNA. Durant 4 jours les déléguées des associations membres du FCBN ont été outillées. Les travaux de cette formation ont été ouverts officiellement par le chef de la Division urbaine KATSUVA TERYA AWITE, représentant du Maire de Butembo en mission.
Dans son mot d’ouverture, Mr TERYA a remercié les organisateurs d’avoir organisé cette activité dans sa ville et a rassuré tous les participants de la sécurité pendant tous les jours de la formation avant de finir son mot dans lequel il a mis l’accent sur l’importance de l’eau pour la vie de la population et l’impératif de bien protéger cette eau pour les générations futures afin de n’en assurer la durabilité environnementale.
Après l’ouverture officielles, le DRCNDF NTSE Elias a fait aux participants une brève présentation sur le FCBN, le NBD et le NBI, la différence entre ces organisations et le rôle de chaque organisation dans le Bassin du Nil.
Le formateur a commencé la formation par un prétest qui a porté sur les connaissances qu’ont les participants sur les différentes matières de la formation afin de lui permettre comment il devra adapter la matière.
Au total, 13 thèmes ont été exposé et développés pendant les trois premiers jours de cette formation qui a duré 4 jours notamment :
- L’ Introduction au vocabulaire et aux concepts de base utilisés dans les discussions sur le changement climatique
- L’eau et la durabilité environnementale
- La gestion des catastrophes
- La gestion intégré des risques de sécheresse et d’inondations
- Les politiques et pratiques pour les inondations et la sécheresse Genre, climat et connexion de l’eau
- Rôle et responsabilités des hommes et des femmes dans la gestion des ressources en eau et la résilience climatique
- Gouvernance efficace de l’eau, cades institutionnel et et juridiques de la gouvernance de l’eau,
- Reduire les risques des maladies liées à l’eau pour proteger les groupes vulnérables et minimiser les pertes économiques,
- Conflits autour des resources en eau et commet le traduire en paix avec les femeset les jeunes ,
- Les emploie verts comme adaptation au changement climatique,
- Les thechnologies vertes,
- Resilience climatique et emploie verts comme réponse aux aléats climatiques .
La dernière journée de la formation des femmes a été consacrée la descente sur terrain afin de marier la théorie apprise pendant les jours précédents avec la pratique.
Cette sortie a été faite sur le Mont Lubwe situé à une vingtaine de Kilomètre de la ville de Butembo et ā CAPSA Luotu.
- Au Mont LUBWE situé q une vingtaine de kilomètre de Butembo et avec plus au moins 2400 d’altitude, les participants ont observé le crête Nil-Congo. Cette crête fournie de l’eau potable au bassin du Congo et à la population de Butembo et de l’autre côté elle donne de l’eau au Bassin du Nil Congolais et à la population de Luotu. Ainsi, sur le Mont Lubwe, les participants ont été édifié par la forme du sommet, de l’historique de la montagne, de son importance par rapport à l’eau et la durabilité environnementale, les difficultés liées à la protection de cette montagne. A la fin de l’exploration, les participants ont émis certaines recommandations allant dans le sens de protéger la montagne pour la durabilité environnementale.
- Au CAPSA (Centre d’Adaptation et de Production des Semences Améliorées) LUOTU, les participants sont partis visiter et apprendre concernant le fonctionnement du système métrologique. C’est par ce système que les agriculteurs devront se servir pour organiser les périodes de semaille, connaitre les différentes saisons. Aussi, par ce système, on est capable de déterminer la quantité de la pluie qui a été infiltrée dans le sol. C’est cette quantité d’eau qui entre dans le sol qui assure la durabilité environnementale.
Notons que c’est dans ce Centre de CAPSA qu’on entretient les semences à planter dans la région.
Recommandations issues de la formation
- Au vu de ces éléments ci-haut, il faut une élaboration d’un programme de protection des ressources du Bassin du Nil, d’intégration de la femme dans la protection du Bassin du Nil Congolais.
- Multiplier les stations météorologiques automatiques pour mesurer directement les variations climatiques à l’ordinateur,
- Faire une sensibilisation massive de la population pour le plantage des espèces adaptées des arbres absorbant moins d’eau tell que les grévileas au lieu des eucalyptus, espèces qui dominent dans le territoire de Lubero,
- Faire une identification des différents cours d’eau du Mont Lubwe, centre distributeur d’eau à la population de Butembo et celle de Luotu et bien protéger ces cours d’eau.
- Sensibiliser la population à la pratique de rotation de culture, à la planification familiale, à la pratique des haies antiérosives,
- Intensifier les activités génératrices de revenu pour éviter la destruction de l’environnement dans le Bassin du Nil,
- Renforcer la pratique de jachère pour reposer la terre en vue de la rendre fertile,
- Appliquer les théories sur la protection de l’environnement dans le bassin versant du Nil ;
- Faire le lobbying sur tous les niveaux en faveur du bassin versant du Nil congolais,
- Sensibiliser la population sur les cultures appropriées au bassin versant du Nil en évitant celles qui appauvrissent le sol,
- Reboiser les espaces nus du Bassin du Nil après leur identification,
- Entretenir les routes dans le Bassin du Nil
- Vulgariser les femmes aux techniques agricoles pour rendre fertile le sol,
- Investir dans le captage d’eau et la protection du mont Lubwe pour diminuer la pénurie en eau,
- Multiplier le « kit » pluviométrique qui détermine la quantité de pluies, la vitesse du vent, la température pour lutter contre la faible production suite à l’abondance de la pluie,
- Multiplier les centres techniques de production des semences améliorés et renforcer celle de CAPSA (Centre d’Adaptation et de Production des Semences Améliorées),
- Au FCBN de multiplier les séances de formation des membres formateurs sur la résilience et le changement climatique ;
- Multiplier les haies antiérosives pour protéger le bassin versant du Nil,
- Sensibiliser les chefs terriens et coutumiers sur les dangers des cultures non-adaptées en vue de prévenir les risques pour les générations futures et la protection des ressources du Bassin du Nil
- Impliquer les organisations féminines dans la protection des ressources du Bassin Nil,
- Faire le suivi des leaders féminins,
- Multiplier les séances de renforcement de capacités des acteurs membres du FCBN sur la protection et l’identification des ressources du Bassin du Nil ;
- Il faudrait multiplier les séances de sensibilisation auprès des coutumiers, chefs terriers, autorités sur tous les niveaux, même les paysans sur la gestion des terres.
- Eveil touristique pour s’imprégner de la destruction réelle de la nature.
Notons que pendant la formation, les participants ont soulevé 3 grands problèmes rencontrés au sein du Bassin du Nil, notamment :
- La forte déforestation ;
- La non-protection des ressources du Bassin du Nil. C’est dans ce cas que pour la protection des terres, les femmes ont soulevé la problématique de la dégradation du sol à cause de la non-utilisation des haies antiérosives ; et
L’absence d’une base des données cartographiques fiables sur l’hydrologie du Bassin du Nil Congolais et sur l’espace réel couvert par les forêts. Ainsi, les participants ont émis le souhait de voir le FCBN initier un projet de cartographie des potentiels hydrologiques et forestiers